Des comptoirs Ikéa et Cdiscount chez Casino ou le spécialiste de la puériculture Aubert qui s’installe dans un hypermarché Carrefour… Depuis plusieurs mois, les enseignes s’invitent les unes chez les autres et les ouvertures de corner shop se multiplient, notamment dans les hypermarchés des grands groupes français. "En pleine crise, les hypermarchés de 10 à 15.000 m² notamment sont devenus trop grands", explique ainsi au Parisien David de Matteis, du cabinet de conseil OC&C.

Car avec le développement du commerce en ligne, les grandes enseignes généralistes perdent de l’argent sur certains rayons, pas assez fournis par rapport aux spécialistes du secteur. Ainsi, deux hypers Carrefour accueillent, depuis 2018, des espaces électroménagers gérés par Darty. "C’est un partenariat gagnant-gagnant, puisque les marques profitent aussi des forts débits des hypers", explique Marie Cheval, directrice des 233 hypermarchés du groupe Carrefour.

Un concept qui reste à explorer

Une nouvelle tendance qui semble fonctionner pour les grandes surfaces. Selon le directeur marketing des enseignes Casino, "là où nous avons des corner shop Cdiscount, notre chiffre d’affaires a progressé de 2% dans le magasin". Inviter des spécialistes au cœur des hyper est-elle ainsi la solution miracle pour mettre un terme aux difficultés rencontrées par les grands complexes ? "Cela ne représente pas forcément un modèle économique rentable", répond un consultant au Parisien. "Si vous remplacez votre rayon électroménager par un coin Darty, vous n’êtes pas du tout sûr que la vente des produits Darty compensera la suppression de votre rayon électroménager", explique-t-il.

Un nouveau modèle qui reste à explorer mais qui a fini par convaincre Auchan. L’enseigne se lancera dans l’aventure du corner shop en octobre avec l’enseigne low-cost Electro Dépôt à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Il faut dire que les hypermarchés ont besoin de se réinventer. "Ils enregistrent souvent des pertes représentant 5 à 10% de leur chiffre d’affaires sur les rayons techniques", explique Bernard Demeure, directeur associé et consultant au sein du cabinet de conseil Olivier Wyman au Monde. Des pertes qu’il faut compenser et les corner shop peuvent les y aider.

 

FO Market : Conscient des enjeux que représente la mutation des hypers, éventuellement des supers dans un avenir plus ou moins proche, FO s'interroge, notamment sur le maintien dans l'emploi des salariés du Groupe dans les magasins impactés, des conditions de travail de ces nouvelles équipes. Plus généralement, n'assistons pas là, à un saucissonnage de Carrefour en externalisant les ventes ?