Carrefour suit désormais son saumon sur la blockchain

Carrefour suit désormais son saumon sur la blockchain

Rédigé le 30/01/2020

Carrefour poursuit le déploiement de la blockchain en l’appliquant au saumon frais Filière Qualité Carrefour, 25ème produit à en bénéficier après le poulet, les œufs ou encore le lait frais.

 

Selon un communiqué de presse partagé avec CryptonauteCarrefour offre maintenant la possibilité à ses clients de decouvrir l’ensemble de la chaîne de production du saumon frais de Norvège Filière Qualité Carrefour (FQC) grâce à la technologie blockchain.

Cette FQC s’appuie sur le savoir-faire du producteur Leroy qui suit le saumon de l’œuf jusqu’au produit fini. Grâce au QR Code présent sur l’étiquette, les consommateurs peuvent accéder à une interface regroupant de nombreuses informations sur le parcours du produit depuis le lieu d’élevage jusqu’à sa mise en rayon.

Ils peuvent par exemple localiser via les coordonnées GPS le lieu d’élevage ou se renseigner sur l’aquaculture pratiquée par le producteur.

D’après le géant français de la grande distribution, la blockchain permet de rassurer les consommateurs. A l’automne dernier, après avoir vu les ventes de ses produits « sous blockchain » augmenter, il annonçait son ambition de déployer cette nouvelle technologie à l’ensemble de ses filières qualités d’ici 2022.

La multinationale a pour habitude d’utiliser une solution conçue sur la plateforme IBM Food Trust et basée sur la blockchain Hyperledger.

Qu’est-ce que la blockchain ?

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle (définition de Blockchain France).

Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.



Il existe des blockchains publiques, ouvertes à tous, et des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limitées à un certain nombre d’acteurs.

Une blockchain publique peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. Comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye, il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. »

Situer la blockchain

La première blockchain est apparue en 2008 avec la monnaie numérique bitcoin, développée par un inconnu se présentant sous le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Elle en est l’architecture sous-jacente.

Si blockchain et bitcoin ont été construits ensemble, aujourd’hui de nombreux acteurs (entreprises, gouvernements, etc) envisagent l’utilisation de la technologie blockchain pour d’autres cas que la monnaie numérique.

Comment ça marche ?

Toute blockchain publique fonctionne nécessairement avec une monnaie ou un token (jeton) programmable. Bitcoin est un exemple de monnaie programmable.

Les transactions effectuées entre les utilisateurs du réseau sont regroupées par blocs. Chaque bloc est validé par les noeuds du réseau appelés les “mineurs”, selon des techniques qui dépendent du type de blockchain. Dans la blockchain du bitcoin cette technique est appelée le “Proof-of-Work”, preuve de travail, et consiste en la résolution de problèmes algorithmiques.

Une fois le bloc validé, il est horodaté et ajouté à la chaîne de blocs. La transaction est alors visible pour le récepteur ainsi que l’ensemble du réseau.



Ce processus prend un certain temps selon la blockchain dont on parle (environ une dizaine de minutes pour bitcoin, 15 secondes pour Ethereum).

Le potentiel de la blockchain

Le caractère décentralisé de la blockchain, couplé avec sa sécurité et sa transparence, promet des applications bien plus larges que le domaine monétaire.

On peut classer l’utilisation de la blockchain en trois catégories :

  • Les applications pour le transfert d’actifs (utilisation monétaire, mais pas uniquement : titres, votes, actions, obligations…).
  • Les applications de la blockchain en tant que registre : elle assure ainsi une meilleure traçabilité des produits et des actifs.
  • Les smart contracts : il s’agit de programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés.