Une prime ne suffira pas aux salariés du Groupe Carrefour

Rédigé le 25/03/2021

Le Premier Ministre a annoncé une prime (dite prime « Macron »), aboutissement et seule option envisagée à ce jour pour remercier les salariés de la Grande Distribution, secteur appartenant à la deuxième ligne dans le contexte de crise sanitaire. Son attribution étant laissée à la seule discrétion de l’employeur.

 

FO Carrefour s’interroge : 1000 € et après ? Est-ce la solution pour améliorer durablement le pouvoir d’achat, les conditions de travail, la sécurité de l’emploi, l’accès à la formation et l’évolution de carrière ? Est-ce la seule forme de reconnaissance qu’attendent les salariés ?

 

Autant de questions que nous posons à la Direction dans les différents formats (Hypers, Supers, Entrepôts, Sièges…).

 

En cette année 2021, les salariés du groupe Carrefour veulent de la RECONNAISSANCE. Reconnaissance de leur engagement durant la crise depuis plus d'un an, reconnaissance de leur métier, reconnaissance de leur ancienneté, reconnaissance de leur savoir-faire.

Force est de constater que leurs métiers font partie des salaires les plus bas et à fort taux de pénibilité.

 

Tout le monde le sait, la pérennisation du pouvoir d’achat passe par les salaires et non par l’attribution de primes aussi légitimes soient elles. Le salaire, c’est aussi du salaire indirect, notamment en termes de retraite, sécurité sociale, Participation, Prévoyance, indemnités chômages, prestations sociales…

 

Depuis plusieurs mois, voire des années, la situation se dégrade chez Carrefour. Et encore plus depuis le Plan de Transformation 2022 qui par ses coupes successives, structurelles et budgétaires engendre une augmentation de la productivité et des conditions de travail dégradées.

 

Dernièrement, la Direction Carrefour à prit la décision, sans concertation aucune et de façon précipitée, de changer sa politique de recrutement, il n’y a plus d’embauches de CDD, les absences ne sont plus remplacées quel que soit le motif (maladie, maternité, activité syndicale, congés …), le surcroît d’activité n’est pas compensé non plus. Qu’en sera-t-il dans les magasins et entrepôts saisonniers ?

 

L’outil de travail se détériore, et les conditions de travail avec, les rayons sont désespérément vides pendant que les réserves restent pleines et l’attente en caisse devient un fléau.

 

Pour FO, les moyens humains sont insuffisants. Il faut procéder rapidement à des embauches avant que la situation ne se dégrade encore davantage.

Les salariés absents ne sont pas remplacés. De ce fait, leur charge de travail est répartie sur ceux qui restent. Ce surplus d’activité provoque une lassitude et une fatigue généralisée à la limite du burn out pour certain, et le tout aggravé par la situation sanitaire actuelle. La très grande majorité des salariés sont attachés à leur entrepôt, à leur magasin, à leur rayon. Mais, comment aimer son métier quand on ne nous met pas en situation de le faire correctement ?

 

Il est temps de donner du sens à ce plan de transformation. La multiplication des projets, souvent illisibles pour les salariés, provoque une incompréhension et un manque d’adhésion, l’autogestion est parfois la règle.

 

Cette situation engendre une montée en puissance de la polyvalence, glissement de tâches généralisées et non encadrées. Le travail des uns est assumé par celui du secteur voisin ou d’un niveau de responsabilité inadapté.

 

Pour la FGTA-FO, les salariés méritent mieux qu’une prime : notre ambition est d’améliorer sur le long terme la situation des salariés dit « de la deuxième ligne », que ce soit pour développer et améliorer : Les embauches, la formation, les salaires et les conditions d’emploi et de travail

 

Le syndicat FO Carrefour demande à la direction la mise en place d’une grande concertation nationale sous la forme d’une table ronde avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives qui le souhaitent. L’objectif sera de traiter de l’amélioration des conditions d’emploi, des effectifs, des rémunérations et du bien-être au travail. Chez Carrefour, FO défend l’intérêt et les droits des salariés.



communiqué 24 mars V2.pdf communiqué 24 mars V2