Coronavirus : « Il n’est jamais trop tard pour bien faire »… Les métiers de la « deuxième ligne » attendent d’être prioritaires pour la vaccination

Rédigé le 20/04/2021

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, rencontre ce mardi les organisations patronales et syndicales pour rendre prioritaires les travailleurs de la « deuxième ligne » pour la vaccination

 

« C’est important de donner un accès prioritaire à la vaccination aux professions les plus exposées » au coronavirus, annonçait lundi  Elisabeth Borne, la ministre du Travail, sur France Inter. Ce mardi matin, elle s’entretenait donc avec les représentants des professions concernées. Le but : élargir, après les policiers, les gendarmes et les enseignants, la liste des métiers pouvant bénéficier de créneaux dédiés pour se faire inoculer (toujours pour les plus de 55 ans).

Du côté des éboueurs, susceptibles de rejoindre cette liste, on accueille cette nouvelle de manière mitigée. « L’arrivée de la vaccination est une avancée qu’on peut quand même saluer et prendre avec lucidité, juge Dominique Regnier, secrétaire général de Force Ouvrière pour les services publics et de santé. Mais il ne faut pas se cantonner à cela ». Car selon lui, la vaccination ne cache pas le manque de reconnaissance global dont souffre la « deuxième ligne » : « (Vacciner) est l’un des moyens de face au Covid-19, mais ça ne règle pas tout. Les conditions de travail précaires restent, les bas salaires aussi. »

Est-il trop tard ?

Cette vaccination prioritaire, si elle est confirmée, arrive-t-elle trop tard pour ces métiers particulièrement exposés ? « Il n’est jamais trop tard pour bien faire, reconnaît Véronique Delaitre, secrétaire nationale FO pour le secteur des emplois de la famille. Mais ça fait un moment qu’on demande des créneaux de vaccination pour toutes les assistantes maternelles. Si cela avait été fait plus tôt, cela aurait été mieux ». Même son de cloche chez Liliane Delton, secrétaire général de l’UNSA-Proassmat, selon qui la priorisation des assistantes maternelles ne serait que le résultat d’une demande répétée. « Les assistantes maternellessont en première ligne. Leur santé a été piétinée », fustige-t-elle.

Pour elle comme pour Dominique Regnier, le message est donc identique : le temps presse. « C’est une question de santé publique, reprend le représentant des éboueurs. Il faut essayer de rattraper le retard, voire créer des centres de vaccination dédiés aux agents de la propreté ».